Ouragan Lothar - Extrait du Blonay-Informations - Avril 2000

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BLONAY INFORMATIONS de décembre 1997 présentait l’importance de la forêt et la façon dont le domaine forestier de Blonay était géré avec son droit de coupe annuel de 2700 m3 env. au sein d’un marché du bois très lourd.

Nul ne pensait alors que deux ans plus tard, un terrible ouragan allait frapper la forêt suisse et celles de notre région en particulier, le 26 décembre surtout, puis le 28. Après un premier constat sur place (voir photos), nous avons avec un peu de recul pris contact avec M. Eric Monachon, garde de triage. Et évoqué la rapidité et l’efficacité des premières interventions pour dégager les accès: bûcherons, ouvriers des services de voirie et des domaines, sapeurs-pompiers, entreprises privées. Les zones les plus touchées pour Blonay se situent sous Praz Cagnard et entre les Bains de L’Alliaz et Ste-Hélène, en passant par L’Etroit, Les Mauguettes et Fourgepet: l’ouragan s’est engouffré dans la dépression sise entre Bondenoces et le Folly avec une violence inouïe, déracinant ou déchiquetant des arbres de toutes tailles, âgés de 20 à 200 ans. Ce sont env. 6000 à 7000 m3 sur quelque 15 ha. qui en ont été victimes, ce qui équivaut à plus du double du droit de coupe, y compris ce qui est irrécupérable.

Eric Monachon indique que le 50% sera récupérable, à savoir les meilleures grumes offrant un bois de service de qualité, mais déjà les prix sont bradés un peu partout. Compte tenu que des conditions de temps favorables en fin d’année ont permis d’effectuer avant l’ouragan près des deux tiers des coupes arrêtées pour l’année 2000, le décalage dans le temps est diminué d’un an en ce qui concerne la gestion. Les forêts privées n’ont pas été épargnées, les Sociétés de co-propriétaires des montagnes peuvent en attester. Tout comme ce bourgeois de Blonay qui, bouleversé, m’appelait au téléphone un jour après le passage de la tempête dévastatrice: «J’avais une forêt de 7200 m2 et je voulais la donner à mon fils Cédric, mais nous n’en avons plus... Il faudra maintenant 80 ans pour la reconstituer...» Il évoquait les dégâts «acceptables» de la tempête de 1990 et aussi ce que son père lui avait fait connaître du cataclysme de 1927, mais alors le long d’un tracé plus étroit. Eric Monachon précise que le rajeunissement de la forêt sera plus rapidement perceptible pour le professionnel que pour le randonneur occasionnel.

Mais dans l’immédiat il s’agit de réunir le bois exploitable sur des emplacements répertoriés, hors des zones de sources, pour y être traité, puis être arrosé de façon constante voire emballé jusqu’à la livraison. Ce qui n’est pas récupérable restera sur le sol et sera traité contre les attaques prévisibles du bostryche-typographe et

autres champignons, avec pose de pièges entre autre. A signaler que compte tenu que notre région a été plus particulièrement touchée et que l’hiver moins rigoureux permet de travailler sur les hauteurs, les équipes communales restent sur place et ne sont pas astreintes à seconder celles engagées sur le Plateau suisse par la cellule de crise qui siège depuis le 4 janvier.

Après l’hécatombe, la forêt et ceux qui l’entretiennent sauront relever la tête...

J.-P. Nicolet
Blonay Informations
Avril 2000