L'histoire de la Chapelle St-Antoine

 01 Nous avons fort peu de renseignements sur l’origine de cette chapelle. Toutefois, un document mentionne sa fondation le 5 avril 1503 par noble Nicod de Cojonnex, seigneur de St-Martin-du-Chêne.

S’agissait-il d’un acte de foi ou d’une question de prestige, le seigneur de Blonay ayant sa propre chapelle dans un des choeurs de l’église de La Chiésaz ? Mystère.

En 1507, le fondateur alloue à Hubert Chastellan, chapelain de Saint-Antoine, quelques parcelles de vignes destinées à couvrir les frais occasionnés par les deux messes  hebdomadaires qu’il souhaite.

Bien que la chapelle soit privée, un privilège de 1507 atteste que la population de Tercier et des hameaux voisins a l’autorisation d’assister aux offices. Mais nous ignorons quand la chapelle a passé de la propriété des de Cojonnex à la Paroisse de Blonay.

Lire la suite...

 

Placée sous le vocable de Saint-Antoine, filiale de l’église paroissiale, elle entendit deux messes par semaine au début du XVIe siècle, alors qu’au XVIIe siècle le cahier des charges du pasteur énonce :
« Item le mercredy doit aller prescher en la chapelle de Tercier en hyver toutes les semaines depuis la St-Gal (le 16 octobre) iusques à Pasques. Mais en esté depuis Pasques iusques à la Saint-Gal il n’est obligé d’y aller prescher que les premiers mercredys des mois. »
A la fin du XVIIIe siècle, les obligations pastorales se résument à la desservance au rythme du premier vendredi de chaque mois.

A l'époque de sa fondation, la chapelle était située loin de toutes habitations, au bord de la route entre Cojonnex et Tercier sur du terrain vague.

Actuellement elle est noyée dans les maisons entourant le quartier de la gare. Dès l'origine, la chapelle faisait partie de la paroisse de La Chiésaz où se trouvait et se trouve
encore aujourd'hui l'église paroissiale de la région.

Celle-ci était soumise au Prieuré de La Chiésaz, dépendance du Prieuré de St-Sulpice qui, lui, dépendait du couvent bénédictin de Molesme en Bourgogne. C'est pourquoi la chapelle privée des nobles de Cojonnex faisait partie de l'église paroissiale de La Chiésaz et que sa fondation dépendait du consentement de l'évêque de Lausanne, du Prieuré de La Chiésaz et de St-Sulpice. C'est donc le prêtre de La Chiésaz qui assurait les offices de la chapelle, offices payés par le revenu des terres données par Nicod de Cojonnex en 1507.

Bien que la chapelle était privée, elle était ouverte aux messes publiques. Mais, selon un document de 1504, le droit de sépulture était réservé à la famille de Cojonnex. En 1509 déjà, ce droit de sépulture était attribué aussi à Nicod Guex et sa femme.

La chapelle primitive

Le plan de la chapelle est donné aujourd'hui par les structures du premier bâtiment sur place.

La plus grande partie des murs de façade date de cet édifice qui, d'après son architecture, a été élevé au début du XVIe siècle, avant la réforme. La chapelle possédait une organisation bien connue d'autres églises catholiques. La nef raccourcie en 1929/1930 mesurait à l'origine environ 14 m hors l'oeuvre et environ 12,5 m dans l'oeuvre.

Les modifications après la réforme

La chapelle primitive a été reprise après la Réforme dans son état antérieur. Le mobilier catholique a été certainement enlevé.

A cette époque, le plafond n'était pas muni de la décoration actuelle de fond bleu et d'étoiles dorées, mais le bois était laissé à l'état naturel jusqu'en 1918-1919. L’église paroissiale de La Chiésaz possède un plafond en berceau identique. Celui-ci est daté de 1689.

A l'origine, il est fort probable qu'une tour existait comme aujourd'hui, toutefois, le clocheton actuel a été entièrement construit au XIXe siècle. Les deux cloches datent de 1520, mais nous ignorons si elles faisaient partie de la Chapelle Saint-Antoine à cette époque.

Les vitraux

Vers la fin de la Première Guerre Mondiale, la chapelle servait au culte anglican. M. et Mme Faucus ont dédié les vitraux de la fenêtre néogothique lors des aménagements effectués dans les années 1918-1919, dans le mur du fond du choeur.

Selon l'inscription, cette oeuvre a été fabriquée par Lavers,
Barraud et Westlake à Londres. Ces vitraux ornaient initialement l’église anglicane St-John à Territet.

La rénovation de 1980

La question se posait sur l’avenir de ce sanctuaire, trop petit, mal placé, vétuste et gênant la circulation.

En 1963, on propose de le déplacer, voire de le démolir pour agrandir le cimetière; on parle d’un nouveau temple pour Blonay situé plus à l’est de la commune. Le pasteur
Bovet s’oppose à scinder la paroisse en deux.

En 1964, un fonds est créé et en 1966, on étudie un plan de quartier «En Bahyse » pour l’emplacement d’un nouveau temple. C’est à ce moment qu’un fait nouveau intervient.

Par testament, Mlle Bertha Bonjour qui avait exploité un tea-room au Grand-Pré, lègue une partie de sa propriété à la commune, avec voeu de faire construire une nouvelle
église, un logement pour le pasteur et un cimetière.

L’emplacement prévu, excentré par rapport à la commune, a fait l’objet de nombreuses discussions. La famille de Blonay voyait d’un mauvais oeil l’établissement d’un
cimetière à proximité du château. Cette idée a donc été abandonnée au profit de la restauration complète de la Chapelle St-Antoine.

Les travaux sont confiés à M. Marc Duperrex, architecte de la place. La voûte peinte est nettoyée pour garder les boiseries originales, la galerie est supprimée et des vitraux
latéraux modernes apportent l’éclairage nécessaire.
Le 11 février 1981, la Chapelle St-Antoine est déclarée monument historique.

Aujourd’hui, les cultes dominicaux sont célébrés dans le petit sanctuaire. Il est devenu un complément apprécié à l’église paroissiale de La Chiésaz.