Décès de M. Henri Mamin, ancien syndic de Blonay

mamin henri portrait Président d'honneur de Prométerre et ancien syndic de Blonay, Henri Mamin s'est éteint à 82 ans dans le village ou il a toujours vécu.
 Article paru dans le quotidien 24 Heures du 23 janvier 2021.

 

 

«J’avais un mot d’ordre: ne dites pas aux gens ce qu’ils aiment entendre, mais ce qu’ils doivent savoir. J’aimais parler vrai.» Cette affirmation d’Henri Mamin est citée dans l’hommage que lui a consacré le journal «Agri», hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse romande, sous la plume de Jacques Janin.
Henri Mamin, syndic de Blonay pendant seize ans, qui a aussi siégé à l’Assemblée constituante cantonale de 1999 à 2003, est en effet décédé à l’âge de 82 ans, dans la localité où il est né et a vécu toute sa vie. Il avait repris le domaine agricole familial à 24 ans, alors qu’il venait de se marier. Avec Marlène, il élèvera 4 enfants.

  mamin henri 2011Henri Mamin a été syndic de Blonay durant 16 ans (photo : Patrick Martin, 24 Heures)

Après avoir été municipal, il accède à la syndicature de Blonay en 1990. Cette même année, il devient président de la Chambre vaudoise d’agriculture. La dernière décennie du XXe siècle «est celle du grand chambardement de la politique agricole suisse, rappelle Jacques Janin dans «Agri». Devant les auditoires paysans, souvent déboussolés et heurtés par tant de bouleversements et d’incertitudes, Henri Mamin a maintes occasions de démontrer son courage, son indépendance et sa résolution. Pour qualifier son attitude, j’emprunte à William Shakespeare ce mot d’ordre: «Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser.» Et Jacques Janin de citer Jean-Luc Kissling (aussi de Prométerre): «Ce partisan d’une politique du parler vrai tient parfois des discours plus carrés que les agriculteurs n’en ont l’habitude. Mais les paroles énergiques, l’éclairage cru de la réalité et de ce qu’il faut entendre sont toujours suivis d’un message d’espoir et d’encouragement.» Union de différentes organisations, Prométerre sera créée en 1995 et Henri Mamin en prend la présidence (jusqu’en 2003).

«J’ai eu la chance d’avoir comme mari un homme exceptionnel», affirme sa veuve. «Il restait très modeste, trop à mes yeux! souligne Gilbert Vernez, qui l’a connu au Club alpin suisse. Il avait une fibre sociale, un esprit civique remarquable et des compétences hors du commun pour diriger sa commune, tout en gérant de front son domaine paysan. Il n’était affilié à aucun parti et gardait une totale indépendance pour faire appliquer les meilleures décisions.»

Stéphanie Arboit (24 Heures)

 


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